Projet Marianne

« Bien informés, les hommes sont des citoyens. Mal informés, ils deviennent des sujets. »

Environnement : ce que la France émet, et ce que cela pèse

Deux questions distinctes, souvent confondues dans le débat : la France est-elle vertueuse comparée aux autres pays, et un effort supplémentaire français change-t-il quelque chose au climat mondial ? Les chiffres publics répondent différemment à l'une et à l'autre.

Émissions 2025

364 Mt

CO2e sur le territoire, contre 548 Mt en 1990 (−34 %)

Électricité

19.6 g

de CO2 par kWh, contre 473 g en moyenne mondiale

Part du monde

0.7 %

des émissions mondiales de CO2 fossile

Empreinte carbone

8,9 t

par habitant, importations incluses, contre 5,3 t produites ici

Croissance et émissions

PIB en volume et CO2 fossile, base 100 en 1960

Ce que ça veut direDepuis 1960, la richesse produite en France a été multipliée par 5,3. Les émissions de CO2 ont d'abord suivi la croissance jusqu'en 1979, puis elles ont décroché avec le programme nucléaire des années 1980 : elles sont aujourd'hui inférieures de 12 % à leur niveau de 1960. Produire plus n'a pas voulu dire émettre plus. C'est l'argument central contre l'idée que réduire les émissions supposerait de renoncer à la croissance — au moins pour un pays dont l'électricité est déjà décarbonée.SourceBanque mondiale, PIB en volume (NY.GDP.MKTP.KD) ; Global Carbon Budget 2025, CO2 fossile (via Our World in Data)Dernière année disponible : 2025 (Citepa, baromètre avril 2026) · électricité : RTE, Bilan électrique 2025 (19,6 gCO2eq/kWh)Consulter la source ↗

Base 100 en 1960

  • PIB en volume (base 100 en 1960)
  • CO2 fossile (base 100 en 1960)
Une partie de la baisse vient d'un vrai gain d'efficacité (électricité bas carbone, bâtiments, moteurs), une autre de la désindustrialisation : des usines fermées ici émettent ailleurs. C'est ce que montre la vue « par habitant », où l'empreinte carbone, importations comprises, baisse beaucoup moins vite.L'empreinte carbone n'est publiée que depuis 1995 et à intervalles irréguliers : les années intermédiaires sont reconstituées entre points publiés.Vue « PIB et émissions » : PIB en volume de la Banque mondiale et CO2 fossile du Global Carbon Budget, valeurs annuelles publiées depuis 1960, sans interpolation (seul le CO2 est disponible aussi loin, pas l'ensemble des gaz à effet de serre).

La France comparée aux autres pays

Émissions de gaz à effet de serre sur le territoire, 1950-2024

Ce que ça veut direLes émissions françaises culminent en 1973, puis baissent nettement dans les années 1980 avec le programme nucléaire. En 2024, un Français émet environ 4,4 t par habitant, contre 7,2 pour l'Allemagne, 16,2 pour les États-Unis et 9,7 pour la Chine.SourceJones et al. (2024), National contributions to climate change (Global Carbon Budget 2025, PRIMAP-hist), via Our World in DataDernière année disponible : 2024Consulter la source ↗

t éq. CO2 / habitant / an

  • France
  • Allemagne
Comparer avec
Émissions produites sur le territoire (hors importations), tous gaz à effet de serre, hors usage des sols et forêts. Une seule source pour tous les pays, valeurs annuelles sans interpolation. Cette méthode internationale donne des niveaux un peu plus bas que les inventaires nationaux (Citepa pour la France) : comparez les pays entre eux avec ce graphique, pas avec les autres chiffres de la page. Allemagne : territoire actuel reconstitué avant 1990. La vue « par jour » divise le chiffre annuel par 365.

La France face aux autres pays

Dernière année disponible

Ce que ça veut direC'est l'écart le plus spectaculaire du tableau : environ 44 g de CO2 par kWh en France, contre 363 g en Allemagne, 617 g en Pologne, 561 g en Chine et 473 g en moyenne mondiale. Cet écart ne vient ni de la sobriété ni de la fiscalité, mais d'un choix industriel des années 1970 : le parc nucléaire, complété par l'hydraulique.
SourceGlobal Carbon Project et AIE (émissions de CO2 fossile), Ember Electricity Review (contenu carbone et mix électrique).Dernières années disponibles : 2023 et 2024 selon la sérieConsulter la source ↗

Contenu carbone de l'électricité produite, en grammes de CO2 par kWh

🇫🇷 La France est en rouge, le monde et l'Union européenne en gris.

Ces chiffres comptent les émissions produites sur le territoire de chaque pays. Un pays qui ferme ses usines et importe les mêmes produits fait baisser ce compteur sans que les émissions mondiales bougent : c'est pourquoi l'empreinte carbone, importations incluses, est montrée à côté des émissions territoriales françaises.La vue « part du monde » exclut la ligne Monde, qui vaut par construction 100 %.

La France dans les émissions mondiales

CO2 fossile, échelle logarithmique (pour voir la France)

Ce que ça veut direLes émissions mondiales sont passées de 5,9 à 38,6 milliards de tonnes depuis 1950, portées presque entièrement par la Chine et les pays émergents. Pendant ce temps, la part française — le trait rouge, à peine visible — est tombée sous 0,7 %. Les 184 Mt économisés par la France depuis 1990 représentent environ 12 % de la seule hausse chinoise des cinq dernières années.SourceGlobal Carbon Budget 2025 (Global Carbon Project), CO2 fossile, séries annuelles 1950-2024 diffusées par Our World in Data.Dernière année disponible : 2024Consulter la source ↗

Milliards de tonnes de CO2 par an

  • Monde
  • Chine
  • France
Ce graphique ne dit pas qu'un effort français est inutile : il dit qu'il est d'abord un choix industriel, économique et diplomatique, pas un levier climatique direct. Une décision qui réduit la croissance française sans déplacer l'aiguille mondiale doit être jugée sur ses propres coûts et bénéfices.Il s'agit du CO2 fossile produit sur chaque territoire, hors usage des sols.

Trois ordres de grandeur à garder en tête

19.6 g/kWh

L'électricité française est environ huit fois moins carbonée que l'allemande et onze fois moins que la moyenne mondiale. Héritage d'un programme nucléaire décidé en 1974, pas d'une politique de restriction.

0,7 %

La part française dans les émissions mondiales. Un effort national supplémentaire se juge donc surtout sur son coût économique intérieur et sur l'exemple qu'il donne, rarement sur son effet mesurable sur le climat.

8,9 t contre 5,3 t

L'empreinte réelle d'un Français dépasse de beaucoup ce qu'il émet sur le territoire. Fermer une usine ici ne réduit pas les émissions mondiales : cela les déplace, souvent vers un pays dont l'électricité est plus carbonée.

Ces pages décrivent des faits mesurés et des ordres de grandeur. Elles ne disent pas quelle politique climatique il faut mener : elles donnent les échelles qui manquent souvent au débat.